Première visite

    Quand j'écris ces lignes, je suis à l'hôtel, généreusement avancé par ma future PI, ici à Raleigh. Dans 15 heures, je remonte dans l'avion pour Washington où j'ai une escale pour rentrer à Bruxelles. Cette visite d'un peu moins d'une semaine, en Caroline du Nord, à Raleigh m'a permis de rencontrer du monde, voir les locaux dans lesquels je travaillerai pour environ deux ans (en tout cas, c'est ce qui est prévu pour le moment).

    Je profite de cette dernière soirée pour raconter ces premiers échanges. J'écrirai sans doute un prochain blog avec mes péripéties d'avant et d'après qui reprendront plutôt l'obtention du VISA et comment j'en suis arrivé à venir ici. Cette année est déjà entamée aux trois quarts alors que j'ai l'impression qu'elle a duré deux semaines. J'ai été occupé, à tel point que parfois, je pense prendre des décisions radicales sans avoir eu le temps d'y réfléchir. Pourtant, j'y ai réfléchi. J'ai pris le temps de tout pondérer et l'impression que ça passe vite est due, quand j'y réfléchis, au simple nombre des petites actions qu'il a fallu réaliser. Rien de compliqué finalement, mais beaucoup, beaucoup d'organisation (et tellement d'incertitude).

    J'arrive à Bruxelles Zaventem le mardi matin, prêt à passer des heures dans un long courrier, je commence à avoir l'habitude cette année... Cette fois, en 9h de vol, je n'ai regardé qu'un seul film, j'ai lu, j'ai écouté de la musique. J'ai même un peu travaillé (incroyable ! à chaque fois, je prévois de faire de l'écriture et de la lecture dans l'avion. J'avais toujours juste regardé des films, mais cette fois je m'y suis tenu). J'ai aussi lu le mémoire d'une étudiante anthropologue qui a observé la vie de notre labo en Belgique. De plus, elle a changé tous les noms (sauf un qu'elle a oublié, je devrais peut-être lui signaler). Cette lecture ressemblait à jeu de piste pour retrouver qui avait dit quoi, mais le mémoire est suffisamment détaillé pour que je devine rapidement qui est qui malgré les anonymisations. Je ne donnerai pas ici mon impression sur le mémoire, toutefois, c'était assez amusant de voir ce qui ressort de cette observation à laquelle j'ai participé comme « sujet ».

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    Ça y est, on descend de l'avion. Le gars du border control est vraiment sympa, il me pose quelques questions rapidos et je passe en moins de deux minutes finalement. Allez, on récupère les valises pour les recaler sur le second tapis (je sais toujours pas pourquoi on nous demande de refaire cette étape, c'est un truc des USA visiblement…). C'était de nouveau facile de toute façon. Après que j'ai fait mes 12,000 pas dans le lobby de l'aéroport de Washington et que j'ai regardé tous les labels de nutritions, de leurs « parfaits + granolas + fruits », je suis complètement décalé. Il est midi à Washington, mais mon corps est encore à 18/19h en Belgique… J'achète un genre de sandwich toasté avec des œufs et d'autres trucs, un parfait avec des myrtilles, une barre de Snickers High-Protein et des chips de mais soufflés.

    On monte dans le deuxième avion, beaucoup moins confort, je me retrouve assis à côté d'une personne qui prend bien de la place et me regarde avec un air de "ose me dire quelque chose pour voir". Ça me fait plutôt sourire, de toute manière le vol ne va pas durer très longtemps. Une heure et demie environ.

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    Ça y est, je sors de l'aéroport de Raleigh-Durham. J'en profite pour faire une photo du panneau Research Triangle. Je prends un Uber vers l'hotel près du campus. Je parle tout le trajet avec le chauffeur. Ainsi, il m'explique qu'il est ici avec sa famille, ses frères et sœurs et ses parents. Il vient d'Afghanistan et il étudie à Raleigh, pour devenir ingénieur, je pense. On discute un peu des campus, de la vie à Raleigh. Il me répète plusieurs fois "It is what it is…". On en arrive à parler de l'immigration et de sa famille, ses grands-parents restés là-bas. Depuis dix ans, ils ne les ont pas vus, et ils ne peuvent plus y retourner depuis que les USA ont quitté le pays. Son grand-père est un prof de physique qui n'a plus d'emploi depuis la prise de pouvoir par les talibans. L'économie du pays est en ruine et ils sont sans perspectives d'amélioration. Je ne veux pas plomber l'ambiance, mais j'ai la gorge nouée quand il m'explique ça... Il dit qu'il est coincé dans un statut intermédiaire. Jamais complètement accepté aux USA parce qu'il vient d'Afghanistan. Pourtant, il ne pourra pas retourner là-bas, puisqu'il vit aux USA, il ne sera jamais accepté non plus. Ainsi, il est partiellement rejeté par chacun des deux pays qu'il pourrait considérer comme chez lui.

    Après avoir relativisé sur la condition de la Belgique, j'arrive à l'hôtel. Je check-in et je m'installe dans la chambre. Après avoir galéré à brancher mon disque dur externe sur la télé de la chambre d'hôtel, je mange les chips devant un film. C'était Limitless pour ceux qui veulent savoir, j'apprécie plutôt bien l'idée de changer l'étalonnage des couleurs selon « l'état » du personnage principal, je n'en spoilerai pas plus.

    La PI qui me supervisera ici à Raleigh a prévu que mon mercredi soit entièrement libre pour "recover" donc je n'ai rien spécialement prévu aujourd'hui. J'en profite pour explorer les environs. J'ai d'abord été prendre un déjeuner au "Flying Biscuit Café" pas trop loin de l'hotel. J'ai mangé du "Grits", je ne connaissais absolument pas, un genre de porridge à base de maïs à la place de l'avoine. C'est plutôt bon et ça cale. Par la suite, j'ai marché jusqu'au campus, ça me rappelle Louvain La Neuve, un style très brique et carré, mais il y a beaucoup plus de verdure, les allées sont très larges. Les bâtiments sont grands, mais relativement bas et pas oppressants du tout. Contrairement à Louvain-La-Neuve, la végétation est mieux intégrée et donne un aspect organique malgré les arcs de cercles parfaits et les angles droits des rues. Il y a peu d'étudiants dans les rues, néanmoins il y a tout de même de l'animation. Je m'arrête pour prendre une photo des drapeaux que je vois partout : "Think And Do". Je dois admettre que le slogan résonne particulièrement avec ma vision des choses. La météo n'est pas terrible aujourd'hui, par conséquent, je rentre à l'hôtel. Comme le temps s'améliore dans l'après-midi, j'en profite pour aller courir. Le parcours que je suis n'est pas particulièrement beau, mais je vois un peu le sud du campus : beaucoup de route, très larges, un parc assez sympa. La chaleur et l'humidité me surprennent, c'est à tel point que je peine à courir alors que c'est ma vitesse « de croisière » habituelle. Peut-être aussi que le jet-lag me rattrape…

    De retour à l'hôtel, après une douche, je travaille à ma présentation du lendemain, qui commence légèrement à me stresser. Elle est globalement prête, mais je dois répéter plusieurs fois pour en être vraiment satisfait. Ma qualité d'orateur n'est pas encore celle que j'espère. Depuis des années que je songe, dans mes moments de grandes ambitions qui resteront à ce stade à jamais probablement, de suivre des cours d'éloquence ou de théâtre pour régler ça. Habituellement, mon anglais ne me stresse pas. La perspective de présenter face à un panel de locuteurs natifs me met une plus grande pression qu'à l'accoutumée. Le stress de la première rencontre « en personne » avec ma future PI, bien que moins prononcé, est également présent dans un coin de ma tête. Tout ça m'empêche de dormir jusqu'à tard, et ce n'est pas plus mal pour se mettre dans le rythme de la côte est.

    Ça y est, le lendemain matin est là, je mange vite fait, go dans la petite salle de gym pour 30 minutes, faire trois séries sur quelques muscles, je me fais mal à la nuque avec des fronts raises... Pas malin, mais rien de très handicapant. Je prends une douche et je sors de l'ascenseur à 9h pile. C'est le moment fatidique de la première rencontre. On échange les politesses habituelles, je remarque tout de même une particulière attention à me mettre à l'aise. Je dis d'emblée que même si je ne semble pas très timide, je mettrai du temps avant d'oser vraiment parler, je me connais. Visiblement, c'est une information peu surprenante. Nous déjeunons au café de l'hôtel, je lui dis que j'apprécie beaucoup l'opportunité de venir visiter et rencontrer tout le monde avant. On parle science, on parle du monde académique, nos visions paraissent compatibles sur ces sujets. Je sais que « beaucoup » de mes points de vue sont différents sur des sujets controversés. Même si j'estime toujours avoir de bonnes raisons d'avoir des opinions parfois peu consensuelles, j'ai remarqué que la façon de les expliquer aux personnes fait une énorme différence. Comme j'ignore encore la vision qu'ont les personnes du labo sur beaucoup de ces sujets, je préfère écouter les autres et savoir comment ils pensent avant de discuter de ces sujets. De toute manière, je ne suis pas venu pour parler de la compatibilité entre science de la biologie et religion.

    Nous prenons la voiture, sous une légère pluie, même s'il fait probablement plus de 25° dehors. En quelques minutes, nous sommes en face du bâtiment, le Thomas Hall. C'est un carré sur plusieurs étages, un couloir fait le tour et sa circonférence extérieure, qui borde les fenêtres, contient principalement les bureaux et quelques labos. En face, vers l'intérieur du carré, d'autres labos et des locaux techniques, des stockages, etc. C'est bien agencé, très facile d'accès. Je suis assez surpris de voir que les rangements sont en bois, ça donne un aspect délicieusement rétro au labo. Les labos, bureaux et les paillasses sont du côté des fenêtres du bâtiment, ce qui est bienvenu. L'autre chose qui me surprend, c'est que tout est ouvert, aucun badge, juste une clé pour tout le labo qui reste ouvert la journée, car il y a presque tout le temps une personne dedans. C'est fou en comparaison avec Montpellier, Bruxelles et même Namur. Dans un pays où il est noté à l'entrée des hôpitaux : "No firearms on this property".

    Je rencontre les différents membres du labo, au fil de la journée. Évidemment, l'ambiance relaxée fait que tout le monde est positif et ces rencontres sont très rassurantes. Beaucoup me disent, comme dans tous les labos dans lesquels j'ai pu travailler, que les projets sont assez séparés et indépendants finalement. C'est plutôt une bonne chose, je pense. Je mangerai à midi avec une doctorante et une postdoctorante d'un autre labo (si j'ai bien compris), j'ai déjà rencontré tellement de personnes différentes que quand j'écris ces lignes (maintenant dans le train en Belgique). Je ne suis plus très sûr. L'indécision est de mise, sous la pluie, on ne sait pas ce qu'on veut manger. Finalement, on se décide pour un style Méditerranéen, ce qui m'amuse un peu, car on n'aurait pas appelé ça méditerranéen en Belgique, mais Grec ou Turc peut-être (ce qui revient à la même chose finalement).

    De retour au labo, je prends une heure ou deux pour préparer ma présentation, le stress est vraiment présent, étrangement plutôt pour mon anglais que pour ma présentation. Je vais aussi voir le correspond RH du labo, qui m'a tant aidé pour les démarches administratives, ça me fait bizarre de le rencontrer en personne, car je l'imaginais différemment. Finalement, après avoir élucidé quelques aspects administratifs, je commente sur la décoration de son bureau "Star Trek" et on discute un peu de quelles séries sont à voir et lesquelles ne le sont pas. Regardez Star Trek, c'est extrêmement bien !

    Le moment fatidique de la présentation est arrivé. Heureusement, le public est réceptif et attentif, j'ai pas mal de questions à la fin. Un drink est prévu dans un bar en ville. Et oui, le campus est "Dry" pas d'alcool dans les labos, ça va plutôt changer de l'ambiance Belge. Je n'avais pas senti l'influence de la religion dans cet état auparavant. En comparaison aux Etats que j'ai traversé dans l'ouest, le campus est virtuellement athée, mais j'ai croisé quelques stands de JW et prêcheurs aux cours des jours suivants. Le centre-ville est littéralement bourré d'églises en tous genres, architecturaux et de toutes variétés d'obédiences, mais le campus semble quasi vide de religion en comparaison.

    On arrive au Red Flag, je parle beaucoup avec quelques postdocs, les deux sujets qui reviennent sont : ma présentation et mon futur postdoc à Raleigh. Globalement, ça signifie : ils sont dingues ces rotifères, non ? Ainsi que les questions habituelles et quelques remarques intéressantes auxquelles je ne sais pas répondre autrement que : "malheureusement, on ne sait pas (encore !)". Sur l'autre sujet, j'ai des conseils variés et des histoires toutes différentes ainsi qu'un carnet d'adresse d'au moins 15 personnes qui me disent la même chose, n'hésite pas à m'envoyer un e-mail si tu as des questions. À vrai dire, je répète la même chose en boucle : je ne sais pas encore ce que je devrais savoir, et donc il est difficile de poser des questions pertinentes. De plus, je pense qu'une partie du fun, du stress et de l'excitation est aussi dans l'inconnu, la découverte, dans se trouver face aux difficultés et de trouver les réponses aux problèmes. Attention, je n'ai jamais peur de demander, mais à condition d'avoir essayé avant et résoudre ses problèmes passe aussi par savoir comment et à qui demander l'information. Une philosophie utile dans les démarches administratives : il vaut souvent mieux demander pardon que la permission.

    On boit une pinte d'IPA, parce que tous les scientifiques des labos évolution écoutent de l'indie rock et boivent de la IPA. À l'exception des français peut-être qui boivent du vin et des métalleux qui écoutent, bah, pas de l'indie rock... Blague à part, je suis curieux de savoir les corrélations entre l'écoute de indie music, la consommation d'IPA et le niveau d'éducation en sciences (plus spécifiquement en biologie et encore plus spécifiquement orientée écologie). Ça doit exister quelque part…

    Après le drink au Red Flag, je repars à pied avec ma future PI. Cette fois, pour un restaurant chinois : David's Noodles, si je me rappelle bien. On discute un peu plus de nos expériences personnelles en science, de la vie de famille, du parcours académique vs  industrie et de comment on voit la recherche en général. Ce qui me frappe, c'est la qualité du dosage entre écoute et parole. Je pense que c'est une des choses les plus importantes de savoir simultanément, apporter et écouter tout en évitant de s'imposer ou d'être absent d'une conversation.

    Vendredi matin, je mange au café juste ne dessous de l'hôtel. J'ai pris un biscuit (comprenez par là un pain brioché) avec bacon, fromage et un œuf. Je prends aussi un graaand café et un pot de granola avec des fruits et du yaourt. Ça pique le portefeuille, mais le moral est plutôt bien remis avec ça. Ainsi, je pars pour une longue promenade de deux heures direction le centre-ville de Raleigh, je vais jusqu'à l'hôtel de Ville (qui pète la classe en comparaison de celui d'Andenne) pour finir par revenir par le Parc Pullen jusqu'au labo sur le campus. Les rues sont grandes et larges, les distances sont grandes et l'humidité mêlée à la chaleur me font me sentir au, comme littéralement dans une jungle « urbaine ». Je traverse un quartier juste hors du centre dans lequel les maisons sont entourées d'une végétation luxuriante. Je pense qu'il s'agit d'un style « bungalow ». Les murs sont en planches horizontales et peintes, il y a généralement un seul étage, voire aucun. Et, une terrasse entoure au moins le coin de la porte d'entrée, parfois toute une façade, voire plusieurs façades. Le fameux "deck" américain. Le tout avec un jardin relativement étroit qui entoure toute la maison et avec une végétation dense. Tout ça ne ressemble absolument pas au "Federal Style" du campus et au style de buildings modernes des appartements du centre-ville, pourtant je suis à 30 minutes à pied, cinq en voitures.

    De retour au labo, j'ai le dos trempé de sueur, car j'avais mon sac à dos toute la promenade. J'ai de nouveau quatres réunions aujourd'hui. D'abord, pour rencontrer le technicien du labo, ensuite il y a le "lab meeting" hebdomadaire et en début d'après midi, je discute avec un nouveau doctorant du labo et une ancienne postdoctorante. Tout le monde est beau et gentil, ou peut-être que je suis moins stressé, moins fatigué et que ma décision de venir vivre ici deux ans ne me fait plus vraiment douter à ce stade. Pendant la réunion de labo hebdomadaire, la technicienne du labo, que j'ai rencontré la veille, présente son travail. Elle a avancé sur trois projets, je pense comprendre plutôt bien tout ce qu'elle montre, mais je n'ose tout de même pas poser de questions ou faire des suggestions. Finalement, elle a assez peu de commentaires sur ces résultats. Le labo se déplace maintenant à l'unisson vers Hillsborough St, où on va manger ensemble (au frais du labo) à Guasaca. Je suis le seul à prendre une salade, tous les autres préférant un sandwich. L'erreur est que, sans le savoir, je suis servi en premier (car le sandwich prend plus de temps à préparer) et j'ai donc salivé devant ma salade pendant 15 minutes, le temps que tout le monde soit servi. On discute du futur politique des USA, l'incertitude règne et contrairement aux certitudes que j'ai pu entendre en Europe sur l'un ou l'autre candidat, personne ne peut vraiment prédire qui passera. Ce sera ma surprise locale, j'imagine. Quoi qu'il en soit, j'ai autant hâte de voir ça que peur de l'hystérie qui pourrait avoir lieu dans l'un ou l'autre cas. Je pense qu'une victoire Républicaine est moins risquée concernant la violence que l'alternative, mais l'avenir nous le dira.

    Vers 15h, je discute avec ma future PI. Je ne l'ai pas laissé énormément transparaître, peut-être par timidité ou par syndrome de l'imposteur, mais ma décision est déjà prise depuis longtemps. Je travaillerai ici pendant deux ans, plus s'il le faut et à moins d'un gros changement inattendu (on ne sait jamais tout ce qu'il peut se passer), je ferai un maximum pour venir le plus vite possible. Je la remercie énormément pour l'opportunité de visite et toute l'organisation.

    Après avoir encore travaillé une heure ou deux, je suis fatigué et je décide de rentrer à l'hôtel. En fin d'après-midi, je commence à faire de la recherche intensive d'appartements jusqu'à trouver des offres intéressantes. C'est un peu cher, mais c'est très bien situé. Quelques échanges d'e-mails et finalement, je prévois de faire une visite le lendemain après-midi, c'est à une distance raisonnable, je pourrai le faire à pied. Il est tard, mais je n'ai pas encore mangé. Alors, je décide (pour économiser) d'aller au supermarché pour acheter quelque-chose, c'est beaucoup moins cher qu'un restaurant ou même un fast-food. La nuit est déjà tombée et je me dirige vers un supermarché proche de l'appartement que je visiterai le lendemain, donc j'en profite pour aller voir l'extérieur. J'estime ça plutôt bien, surtout la situation et la distance à pied du campus. Cela dit, dans l'obscurité et juste vu de l'extérieur, mon jugement ne vaut pas grand-chose.

    Samedi matin, je prends un burrito à l'hotel et je mange la moitié comme petit-déjeuner. L'autre moitié est réservée pour midi. Ma PI me retrouve en voiture, départ pour Le National Park Umstead, près de l'aéroport. Premier souci, aucune place dans le parking, il est un peu tard dans la matinée, un samedi matin, avec une météo magnifique. Bref, tout le monde est de sortie randonnée aujourd'hui. Ce n'est pas grave, on relocalise pour la Carl Alwin Schenck Memorial Forest. Cette fois tout le monde sort des voitures, il y a largement de la place. Oups, les chiens ne sont pas admis ici, on ne peut pas faire cette promenade non plus. Finalement, on reprend la route pour cinq minutes, direction le North Carolina Museum Of Art, il y a des parcours ouverts à tous dans la petite forêt bordant le chemin. On fait environ 3 km dans le parc, rien de particulièrement impressionnant, mais tout est mignon et bien entretenu, c'est très propre également.

    Vers 12h30, je rejoins l'hôtel, je signifie encore ma gratitude avant que ma PI reparte, nous n'avons pas réellement l'occasion de discuter longtemps sur le parking, mais tout a été dit avant. Je mange l'autre moitié du Burrito et je me prépare pour aller au rendez-vous afin de visiter l'appartement que j'ai repéré la veille. Je suis quelques minutes en retard, la partie que j'avais vue dans la pénombre n'était, en fait, qu'un huitième de la façade de tout le complexe d'appartement. J'ai donc marché plus longtemps que j'avais prévu pour arriver à l'accueil. Le bâtiment est raisonnablement moderne et surtout propre. Après une ou deux minutes, je rencontre la personne qui va me faire visiter les lieux. On discute un peu des attentes que j'ai pour l'appartement. Ensuite, après une rétention de passeport à l'accueil (au cas où je serais tenté de rester enfermé dans leur bâtiment), elle me présente tour à tour les "amenities" qui viennent avec le leasing si je signe. C'est plus luxueux que ce à quoi je m'attendais, c'est aussi beaucoup plus grand et un peu plus cher que l'annonce sur le site internet (toujours ces histoires de taxes). Cela dit, la localisation est vraiment très avantageuse. Contrairement aux histoires d'horreur que j'ai pu lire dans beaucoup de commentaires en ligne sur des complexes d'appartements similaires, je ne remarque pas de "red flags". Typiquement, je cherchais des traces de la présence de "cockroaches", de rats et souris. J'avais aussi beaucoup lu des commentaires sur les réceptionnistes désagréables ou peu attentifs aux résidents. Ça n'a aucunement été mon sentiment dans ce cas (mais je n'oublie pas qu'ils essaient de me vendre quelque chose). Finalement, on discute des voyages, la réceptionniste me demande comment est la Belgique, elle économise pour voyager plus et s'ouvrir au monde. Dans l'ascenseur, elle me dit : "I have got to ask." Comment sont les gaufres en Belgique. Je lui explique que je n'ai jamais vu autant de restaurants, de fast-food, magasins qui vendent des gaufres « Belges » qu'aux États-Unis. C'est affolant d'en voir à tous les coins de rues par ici. Ou je les remarque plus facilement ici qu'au pays peut-être ? En tout cas, la grosse différence, c'est qu'on n'est pas aussi extravagant sur les "toppings", ici une gaufre Belge c'est rarement juste du sucre en poudre. Ça rajoute fruits, sirops, glaçages, etc, parfois même du salé.

    Après cette visite encourageante, je repars à l'hôtel pour préparer une course, il est tard quand je démarre environ 19 h de mémoire. Je suis parti pour 15 km. Je finirai au couché de soleil. Finalement, je cours même de nuit, heureusement l'éclairage public est là pour compenser mon manque de prévoyance. L'audiobook de Harry Potter 7 me tient en haleine au début de la course. La féérie du coucher de soleil me captive tellement que je ne me rends même pas compte que je cours depuis 20 minutes avec mon casque sans aucun son. Il fait chaud, mais pas trop humide, la température idéale pour courir.

    Ça y est, c'est déjà fini, je m'aperçois maintenant de la densité des événements, ces cinq jours sont passés tellement vite. Je reprends l'avion le dimanche en début d'après midi. Dimanche matin, je vais à la salle de gym de l'hôtel puis je vais « bruncher » dans un café pas trop loin du supermarché où je suis allé deux jours auparavant. Je passe au supermarché, prendre des snacks pour le trajet en avion, c'est vraiment moins cher qu'à l'aéroport et tant que c'est solide, vous passerez les contrôles de sécurité facilement. À bon entendeur : vous pouvez acheter de la nourriture hors de l'aéroport, y compris les paquets de chips, barres de chocolat, de céréales, etc pour les emmener en cabine et passer les contrôles de sécurité. Le seul « risque » est à l'arrivée, sur certaines douanes, on vous demande si vous emportez avec vous de la nourriture et en fonction de ce dont il s'agit, ça pourrait être confisqué.

    La suite au prochain épisode !

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